Mobilité

Les dépenses de transports II

Avec un montant mensuel moyen de 206 euros, le budget transports des Français est en hausse pour 64 % d’entre eux par rapport à 2012.
Cette année plus que jamais, les Français aspirent donc à voyager à prix plus léger !
Pour réduire ce poste de dépenses incontournable, ils envisagent toutes les solutions : changer de moyen de transport utilisé, pratiquer le covoiturage, acheter un véhicule moins gourmand en carburant voire, pour certains, déménager.

La voiture toujours en tête !

Si comme en 2012, les Français combinent en moyenne toujours deux types de transports différents pour effectuer leurs déplacements journaliers, ô surprise, cette année encore, c’est la voiture qui est le moyen de locomotion plébiscité : 75 % des répondants au sondage (stable par rapport à l’an passé) déclarent utiliser quotidiennement leur véhicule au profit des autres moyens de transports existants.

Une réalité qui concerne 93 % des habitants des communes rurales, contre 41 % des Franciliens, qui sont en 2013 plus nombreux à pratiquer la marche (49 %, en hausse de 4 points).

Loin derrière, se positionnent les transports en commun utilisés par 29 % des Français avec, au même niveau, le métro (15 %, en baisse de 3 points) et le bus (15 %, stable). Qu’en est-il des deux-roues ? Les utilisateurs de bicyclette sont aussi nombreux qu’en 2012 (12 %). Idem pour les habitués des scooters et autres motos (3 %, stable par rapport à l’an passé).

Rails, deux-roues ou quatre-roues : les critères de choix

Alors qu’en 2012, 45 % des répondants au sondage déclaraient ne pas avoir d’alternative quant au choix de leur moyen de transport,

les Français montrent aujourd’hui qu’ils sont acteurs de leurs déplacements : seuls 30% affirment ne pas pouvoir pas faire autrement.

Les Français ne subissent donc plus, ils font des arbitrages.

Pour justifier du choix du moyen de locomotion retenu, 44 % des Français mettent en avant la praticité. Le temps de trajet également cité pour 42 % (en hausse de 9 points en un an).

Un critère très important, notamment chez les moins de 35 ans (58 %), les habitants de la région parisienne (64 %) ou encore les cadres, qui partagent cette préoccupation pour 63 % d’entre eux. Autre argument avancé, le coût pour 39 % des Français (contre 26 % en 2012), dont 54 % parmi les foyers dont le revenu est inférieur à 1 000 € mensuels.

                                                   à vous d'interpréter.

 

Un budget en légère baisse… mais en hausse pour certains

206 euros : c’est le budget moyen dépensé par les Français en 2013. Si ce montant enregistre une baisse de 9 % par rapport à 2012, il n’en reste pas moins qu’il est en hausse pour 64 % des Français ! Comme souvent lorsqu’il est question de budget, on observe néanmoins de fortes disparités selon les foyers : ainsi, les ménages gagnant plus de 3 500 € par mois dépensent 257 € mensuels quand les foyers les plus modestes (revenus inférieurs à 1 000 €) ne consacrent aux transports que 95 € (à noter que d’un côté comme de l’autre, le budget subit une baisse presque identique par rapport au budget 2012 {- 17 % et – 19 %}).

A l’inverse, la classe moyenne supérieure (aux revenus compris entre 2 000 à 3 499 € par mois) voit quant à elle son budget augmenter de 249 €, soit + 6 % en un an.


Outre les revenus, les montants alloués aux transports diffèrent également en fonction de la structure du ménage — par exemple, le budget des foyers avec enfants est nettement plus élevé que celui des foyers sans enfants (256 € contre 185 €) — et de l’utilisation quotidienne et exclusive de la voiture ou d’un deux-roues motorisé (263 € contre 139 € pour ceux qui n’en font pas usage tous les jours).

 

En 2019, environ un quart des Belges ne pouvaient pas s’offrir une semaine de vacances hors du domicile ou n’étaient financièrement pas en mesure de faire face à une dépense imprévue.

 

Les solutions pour faire baisser la note        CONNERIES !

Pour réduire leurs dépenses de transports, les Français envisagent différentes alternatives. Parmi les solutions préférées, la limitation des déplacements est citée pour 43 % (en recul de 5 points par rapport à 2012) devant la réduction des distances parcourues (29 %, + 5 points) ou encore le déménagement (9 % en hausse de 2 points).


Autres options évoquées par les répondants au sondage : l’achat d’un véhicule moins consommateur en carburant pour 29 % (en recul de 4 points), la pratique du covoiturage pour 17% (en baisse de 1 point) ou encore le changement de moyen de transport (12 %, – 2 points).

Cette étude a été réalisée par Opinon Way du 4 au 5 septembre 2013, auprès d’un échantillon de 1 020 personnes âgées de 18 ans et plus (méthodes des quotas)

Coûts publics, coûts privés, transferts, coûts externes : définitions et incertitudes

Les coûts publics comprennent les coûts de voirie (investissement, fonctionnement), et le financement public des transports collectifs. Pour apprécier les coûts de voirie liés à la mobilité urbaine des personnes, il faut définir un périmètre de l’urbain, allouer ces coûts entre voyageurs et marchandises, ce qui est fait dans SES (2000). Faute d’information, toutes les dépenses de voirie sont allouées aux véhicules à moteur, même si trottoirs et pistes cyclables représentent une part significative et croissante de la dépense.

Les coûts pour les transports publics comprennent l’investissement direct des collectivités et les contributions des autorités organisatrices à l’investissement et au fonctionnement, alimentées par le versement transport2 et par les collectivités.
Ces dépenses vont majoritairement aux entreprises de transport (contribution aux charges) et plus marginalement aux usagers (aides sociales diverses). Elles sont connues par diverses sources (Comptes transport de la nation, comptes du Gart3...).

L’estimation des coûts privés (dépenses des ménages) suppose le rapprochement de sources sur la mobilité et sur les dépenses des ménages. Les pratiques de mobilité sont connues par enquêtes urbaines (conduites en province par le Certu4, en Île-de-France par la Dreif5) ou nationales (Enquêtes «transport» Insee-Inrets). Ces observations permettent de reconstituer les distances parcourues dans les moyens de transport et les temps consacrés aux déplacements.

Les estimations des «Comptes transport de la nation» permettent leur actualisation. L’unité de base est le «voyageur-kilomètre»: deux voyageurs faisant 5 km et un voyageur faisant 10 km font 5 2 10 20 Voy-km. La comptabilité nationale (dépenses de consommation des ménages) et les enquêtes «Budget des familles» de l’Insee permettent de rapprocher ces pratiques et les dépenses d’achat de véhicules et d’usage des moyens de transport.

Ces observations permettent d’évaluer, moyennant quelques hypothèses (allocation des coûts fixes de possession d’automobiles entre l’urbain et la longue distance) les coûts kilométriques et les dépenses totales des ménages. Ces dépenses sont estimées toutes taxes

Les coûts privés de la mobilité : la stabilité domine

Les coûts privés sont d’abord constitués d’une dépense temporelle qu’on appelle «Budget temps de transport». Depuis que des enquêtes de mobilité existent, ce budget est voisin de 60 minutes par jour et par personne pour la mobilité locale.

Sa stabilité au fil du temps est presque devenue une «loi», dite loi de Zahavi: nous réinvestissons les gains de temps permis par les gains de vitesse en déplacements ou en distances parcourues supplémentaires, soit en nous affranchissant du voisinage de l’habitation pour nos activités, soit en affranchissant nos choix résidentiels des contraintes de la ville et de la densité.

Dans le dernier quart du XXème siècle, les gains de vitesse ont été obtenus au sein des modes (plus de métros et trains que de bus, relativement plus de trafic automobile sur voie rapide que sur la voirie urbaine banale), par extension territoriale (croissance des trafics périphériques plus rapides que les trafics centraux) et par transfert vers les modes plus rapides, de la marche et des transports publics vers l’automobile.

La «vitesse globale de déplacement» (quotient de la distance parcourue au quotidien par le temps consacré à ces déplacements) a doublé, comme les distances parcourues. Il n’y a, en revanche, pas uniformité dans l’espace, avec des Franciliens consacrant près de 85 minutes par jour à leurs déplacements contre 50 à 55 minutes en province.

Ce surcoût temporel est, avec les différentiels de coût du logement, l’une des raisons majeures du rééquilibrage de l’attractivité entre Paris et les villes de province pour les ménages.
La dépense monétaire pour la mobilité (achat et usage de véhicules, services de transport) s’élève à 132 Md€ en 2003 (5 300 •par ménage), soit 15 % de leur consommation. 85 % de cette dépense est consacrée aux transports individuels, 15 % aux services de transports. 0,6 % du budget des ménages va au transport aérien, 0,5 % au transport routier (autocars, taxis...) 0,4 % respectivement au transport ferré et aux transports urbains.

La dépense de mobilité est, à égalité avec l’alimentation, le deuxième poste de consommation des Français, derrière le logement, dans la présentation de l’Insee qui impute des loyers fictifs aux propriétaires occupants.

 

Ces villes où le transport coûte plus cher.

Les Transports publics, toujours plus chers, toujours moins rentables.