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La cretinisation

 

Il y a les criminels mais il y a aussi les imbéciles. Dans Dumb et Dumber II, Jim Carrey avoue avoir feint d’être (handicapé -d’avoir un virus ?) pendant vingt ans pour gâcher la vie de son meilleur copain (Jeff Daniels) et la sienne propre : « I got you » ! Il faut toujours rappeler la troisième loi, la plus fondamentale de la stupidité selon Cipolla : Une personne stupide est une personne qui crée des problèmes à une autre personne ou à un groupe de personnes sans en tirer soi-même le moindre bénéfice… »

 

Dans son ouvrage "Théorie de la dictature", Michel Onfray présente l’œuvre de George Orwell comme une grande préfiguration du monde contemporain.

Le philosophe, qui ne craint pas la polémique, décrit ici la nouvelle forme de dictature à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés… Entretien.
George Orwell est, selon vous, un immense penseur politique. Il a fait le portrait des totalitarismes du vingtième siècle et a anticipé notre temps. En quoi notre époque porte-t-elle la marque du totalitarisme?
N’est-ce pas un peu exagéré? Sommes-nous vraiment entrés dans une nouvelle forme de dictature?
Non, ce n’est pas exagéré, car je ne dis pas que nous sommes revenus au nazisme ou au stalinisme.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas comment fonctionnait le totalitarisme auparavant, mais comment  il fonctionne à l’heure d’internet, des data et des téléphones portables. Ce totalitarisme contemporain n’est pas casqué ou botté. En revanche, nous vivons dans une société de contrôle: le fait que l’on puisse être écouté en permanence, le fait qu’on accumule des données sur nous, etc.
Cette société de contrôle est à un point d’incandescence jamais atteint.

L'interview du fils d'Orwell "Je suis le fils ordinaire d'un père extraordinaire"
Les nouvelles technologies ne possèdent donc aucun avantage à vos yeux?
Ces gens sur la côte ouest américaine ont un projet de domination du monde ainsi qu’un projet transhumaniste.

Nous sommes dans une espèce de servitude volontaire vis-à-vis des nouvelles technologies.


Mais parfois, c’est extrêmement pervers. Par exemple, pour assurer la confidentialité, on vous demande d’accepter certaines choses… Mais, en acceptant, on donne certaines informations aux Gafa.
On peut accepter le dispositif de contrôle, mais on peut aussi le refuser.
En même temps, si vous le refusez, vous ne pouvez plus vous déplacer en train, en avion, etc.
C’est ça qu’Orwell a bien anticipé?

Orwell pense avec l’aide d’un roman. Il utilise la fiction. Mais sa science-fiction a cessé d’être fictive;
elle est devenue science. Ce télé-écran qui nous surveille en permanence existe aujourd’hui.
Nous y sommes. Orwell a inventé des choses au sujet du contrôle et de l’invisibilité des pouvoirs.
Ce qui distingue le totalitarisme ancien et le totalitarisme nouveau, c’est précisément cela.
Avant, le pouvoir avait un visage identifiable. Aujourd’hui, qui décide? Où sont les gens qui rendent cela possible? À mon sens, ces gens sur la côte ouest américaine ont un projet de domination du monde ainsi qu’un projet transhumaniste.
Le capitalisme débridé est-il aussi responsable de cette situation?

Le capitalisme ne disparaîtra pas: il est consubstantiel à l’homme. Aujourd’hui, il n’a plus aucun ennemi en face de lui. Avec la chute du bloc soviétique, le capitalisme a estimé qu’il pouvait triompher. Certains, comme Fukuyama, ont même affirmé que c’était la fin de l’histoire, la victoire intégrale du néolibéralisme. Cependant, le monde n’est pas fait uniquement de capitalistes et de communistes. Il y a aussi des puissances spirituelles, comme l’Islam. On l’a vu lors du 11 Septembre 2001.
La démocratie représentative est-elle morte, selon vous?


La crétinisation progressive du peuple représente un vrai problème.

Oui. Le peuple et les représentants ne coïncident plus du tout. Dans les assemblées et les Parlements, il y a une surreprésentation des professions libérales, comme les avocats, les enseignants, etc.


On y trouve peu de bergers, de chauffeurs de taxi ou d’étudiants. Ce qui signifie qu’il y a une partie de la société qui n’est tout simplement pas représentée. En outre, pour espérer être élu, il faut avoir de l’argent, se fondre dans un dispositif, passer par le moule d’un parti.
Cette démocratie représentative a fait son temps. Le référendum au sujet du traité de Maastricht a été une parfaite incarnation de sa limite: les élus votent contre le peuple.


Mon père a été élevé par l’école républicaine. Il savait écrire sans faute. Il ne faisait pas d’erreurs de logique. Il avait appris quelques grands classiques de la littérature.
La destruction de l’école a entraîné la destruction de l’intelligence. Il s’agit moins de former un citoyen qui pense que de créer un consommateur qui paye. On apprend de moins en moins de choses.
Certains nous disent qu’il ne faut plus faire de dictées, de grammaire, etc. Or, le cerveau est un muscle:
si on ne l’entretient pas, il entre en dégénérescence…

Crétinisation : méthodes


Méhodes de dé-représentation, crétinisation, infantilisation


Généalogie


On a aperçu plus haut ce qu’était la généalogie de cette manipulation.
Elle est issue des grands dérangements du XX° mais ils n’en sont pas la cause directe.
Elle provient du fait que les élites ont appris à se méfier du peuple que le seul rapport
de force violent ne parvenait plus à contenir.
Il a été décidé de passer à des anésthésiques puissants. Un peuple chloroformé, drogué est toujours consentant.

A défaut sa somnolence et sa torpeur l’empêchent d’interférer avec le fonctionnement des machines à l’exploiter, le plumer au profit des élites industrielles puis politiques puis financières.
Infantiliser puis mépriser
La crétinisation consiste entre autres manoeuvres ou manipulations décrites ci-dessous à infantiliser :
on sait comment procède la publicité … le récepteur s’adapte tjs inconsciemment à l’âge mental
du niveau de communication proposé.
La publicité fait à l’occasion usage de cette faculté d’adaptation du télé-spectateur :
se mettre au niveau de l’âge mental de son « interlocuteur » – d’où l’état de grande vulnérabilité du spectateur de pub. Etat dans lequel il reste un certain temps ensuite.
Viennent sur ce terrain bien préparé les manipulations les plus efficaces : on peut espérer ensuite passer dans la séquence  suivante le message que l’on veut.


Crétiniser


Privation (occultation ou non-transmission par la scolarité) des outils d’analyse des réels progrès scientifiques
et ce par le biais de transvestissements sensationnalistes :
au nombre desquels : l’écologie-spectacle
la cosmo-philo-théologie-spectacle des sciences ou de la santé …
Le peuple doit surtout demeurer incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.
On lui apprend à se sentir fier d’être sot, vulgaire, inculte … à brandir ses peudos-cultures avec arrogance, à afficher avec fierté ses capacités de régression. La liesse des matchs n’en est-elle pas une superbe illustration ?


Diversion


Diversion donc afin de détourner l’attention du public des problèmes importants, des mutations
décidées par les élites politiques et économiques, et ce par le biais d’un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes et la mise en avant des futilités.
Il s’agit aussi de pratiquer l’encouragement des faits (actions, pratiques événement) sans  importance (« people », sport, bien-être, « look », « must », mini-scandales et mode …) ou des pratiques toxiques (jeu, paris et drogue « chic »), ou encore de recourir à la création de crises artificielles qui justifient ces sacrifices  (inutiles) mais lucratifs pour certains …
Sacrifices qui dégraderont le niveau de vie, annihileront les acquis sociaux et surtout  installeront la résignation comme mode de pensée – mode de vie.
Il faut éloigner le bon peuple des vrais savoirs efficaces : science, économie, psychologie, neurobiologie, etc
Occuper et saturer le temps de réflexion pour interdire la pensée autonome.
Créer des problèmes afin d’offrir des solutions
Passage des messages « importants » – du point de vue de cette élite – de manière « subliminale » via la pub ou l’information-spectacle assurée le plus souvent par des « journalistes-larbins » au « vingt-heures ».
Ainsi assiste-t-on à la création de (faux) problèmes et à l’apport de projets de solutions …
annoncées … rejetées (peut-être) puis, dans tous les cas (constat effrayant) réclamées par ce peuple même auquel elles porteront préjudice.
Créer d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public.
 Et surprise, voici que « le bon peuple » devient vite demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter et qu’il aurait été si l’on s’y était pris autrement bien prompt à rejeter.
Laisser (ou aider à) se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté.
Créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.


Variante :


Pour faire passer une décision impopulaire : la présenter comme « douloureuse mais nécessaire »
- l’accord du public est acquis : un sacrifice futur expliqué est toléré. La résignation très naturelle demande le temps de s’habituer.
Dégradation progressive
Pour faire accepter une mesure inacceptable il suffira d’étaler l’opération dans le temps sur par exemple dix ans.
C’est ainsi que les conditions socio-économiques radicalement nouvelles du bon vieux capitalisme (dit néo-libéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990 : chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent…appliqué brutalement cela causait une révolution…
Aujourd’hui que voyons-nous  ? La détresse ? Le désespoir ? Rien de cela, mais une saine résignation obtenue par une savante (car indolore) ablation du désespoir.


Emotion > réflexion


Priorité à l’émotion (au visuel) sur la réflexion et l’activité intellectuelle
L’émotionnel court-circuite l’analyse rationnelle.
Il paralyse l’esprit critique et ouvre l’inconscient à l’implantation de peurs, pulsions, comportements…
Travestir les pulsions de révolte en culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur.
Au lieu de rejeter le système économique l’individu s’auto-dévalue et culpabilise.
D’où son état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action.
Et sans action, pas de révolution!…
Enfin, toute révolte fût-elle légère sera spectacularisée et ré-écrite en « Faute » car ON la décrira comme cause du malheur des autres.
De là on culpabilisera la misère (non pas comme la marque puritaine d’une désaffection de la part de Dieu mais comme une situation bien méritée par celui qui ne joue pas le jeu du capitalisme universel – de la compétition sans foi ni loi HORMIS le spectacle convenu.
Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes.
Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le système  est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement.
Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même.
Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
Car il faut interdire le désespoir (collectif) qui serait dangereux et révolutionnaire (s’il parvient à être « analyser »)
ou brutal et très violent s’il conduit au sentiment (sans analyse) du « rien à perdre ».
C’est pourquoi les puissances du XXI° siècle (et ce quelles qu’elles soient – toutes SANS la moindre exception) sont unanimes et appliquent la même équation :


culpabilité + sidération = résignation


C’est-à-dire :
Culpabilité savamment engendrée (l’écologie n’en est qu’un des nombreux avatars) + sidération ou adulation béate des pires niaiseries (le sport-spectacle et la peopleisation entres autres dizaines de bons et fiables outils de propagande abrutissante) assurent de manière très durable une résigation amorphe des populations.

L’humain, quoi qu’on en dise, est un animal incroyablement grégaire ! Par grégaire, on entend par là la tendance incontrôlée de l’homme à se rassembler avec d’autres personnes, à s’y comparer, à s’en rapprocher et à même les imiter. D’ailleurs, notre culture même est faite d’imitation. Combien de fois avons-nous voulu « faire comme les copains », imiter nos parents ou suivre aveuglément une foule dans la rue ?  Ce comportement grégaire,
extrêmement intéressant d’un point de vue psychologique, est tout aussi passionnant d’un point de vue économique…
Suis-moi je te suis
Maintes expériences psychologiques ont démontré à quel point l’homme était grégaire et pouvait se comporter en « mouton de Panurge » ! Pour la petite histoire, dans le livre « Quart Livre » de François Rabelais, Panurge, après avoir jeté le mouton d’un marchand dans l’eau, voit le reste des moutons de ce dernier suivre aveuglément le premier mouton et se jeter à leur tour dans l’eau. Le comportement humain se rapproche bien souvent de celui des moutons.
En effet, dans une expérience réalisée par M.Harris et ses collaborateurs en 1973, ces derniers faisaient tomber des disquettes par terre, avec pour complice une personne qui venait aider ou non les individus à ramasser les objets laissés au sol. Au final, 50% des personnes aux alentours venaient aider le groupe à ramasser les disquettes lorsque
le complice intervenait, contre 27% sans l’intervention de celui-ci ! Beaucoup d’expériences similaires convergent vers la conclusion selon laquelle nous serions tous tentés de faire comme les autres. Par exemple, on signe plus volontiers une pétition lorsque que l’on remarque que quelqu’un d’autre l’a fait (Phillips, 1972). Mieux encore, et vous-mêmes avez vu déjà vécu cette expérience, nous avons davantage tendance à enfreindre le code de la route lorsqu’une voiture en face de nous vient de le faire (Guéguen & Pichot, 2001).


L’économie moutonnière


Toutes les expériences précédemment citées sont valables dans le monde du commerce, et bien plus que valable, le comportement moutonnier est ce sur quoi la majorité des entreprises compte. Prenez donc l’exemple d’un restaurant. Dans une expérience menée par Alan Ching Biu Tsee en 2002, celui-ci a montré des photos de restaurants plus ou
moins bondés à un groupe de personnes. Il leur était ensuite demandé  d’évaluer les restaurants selon la nourriture, les prix et l’éventuelle réputation des restaurants Résultat sans appel : les évaluations des restaurants étaient davantage positives lorsque ceux-ci étaient représentés bondés sur les photos !
Et observez le vous-même, lorsque vous cherchez un restaurant dehors, le fait qu’il y ait du monde ou non vous influencera grandement. Pareil sur Internet : plus il y a d’avis sur le restaurant – en supposant qu’ils ne sont pas négatifs –  plus vous serez tenté de vous y rendre. Bref, le concept peut être observé dans tous les domaines que
cela soit, aux premiers rangs desquels la finance, dans laquelle il « vaut mieux avoir tort ensemble que raison tout seul ». C’est en effet le B.A.-BA des spéculateurs qui fondent leurs spéculations sur les tendances et les avis populaires plutôt que sur un calcul isolé. Bref, qu’on se dise anticonformiste, marginal ou « différent », nous sommes tous des moutons…

Sommes-nous des moutons de Panurge....?


Personne ne pense ça de lui et pourtant :
Une équipe de chercheurs suédois nous apprend que si l'on applaudit, c'est plus par suivisme que par intérêt pour ce que l'on vient de voir ou d'entendre.
Les applaudissements sont contagieux. C'est ce que nous apprend une étude suédoise récemment publiée dans le Journal of the Royal Society. Cette étude s’appuie sur les recherches de scientifiques suédois portant sur l’analyse de six groupes de 13 à 20 étudiants. Selon eux, plus une foule applaudit, plus les individus qui la composent sont eux-mêmes susceptibles d’applaudir.
Ce phénomène, dit de “contagion sociale”, est déjà connu puisque dans les théâtres depuis le XVIIe siècle, des individus étaient engagés pour soutenir les pièces présentées en applaudissant, entraînant ainsi avec eux le public payant.
Après avoir testé plusieurs modèles statistiques de probabilités, les chercheurs en arrivent à la conclusion que “la propension d’un nouvel individu à commencer à applaudir, après le premier applaudissement, est proportionnelle au nombre d’individus qui sont déjà en train d’applaudir”.
“Il s’agit d’une réaction linéaire similaire à ce qu’on retrouve chez les singes pour les décisions liées au mouvement et chez les humains pour le suivi du regard”, relèvent les chercheurs, qui comptent parmi eux des biologistes spécialistes du comportement animal.
Ils ont eu en revanche plus de mal à cerner les facteurs poussant l’individu à cesser d’applaudir...
Et, vous est-il arrivé de ne pas applaudir, dans une foule en liesse.......!!!

Sommes-nous tous des moutons ? Le conformisme à la loupe
Par Justine_  |  13 septembre 2016 | 7 Commentaires
Mis à jour le 13 septembre 2016
Le conformisme, c'est la tendance toute humaine à se conformer au groupe qui nous entoure.
Serions-nous donc des moutons incapables d'exercer notre libre arbitre ?
Une jeune femme est installée dans une salle d’attente. Régulièrement, une sonnerie retentit.
À chaque retentissement, les personnes déjà présentes se lèvent, puis s’asseyent, sans qu’on n’en connaisse la raison.
Très rapidement, sans en avoir reçu la consigne, la jeune femme adopte le même comportement.
Mais pourquoi donc ?!
L’influence sociale mène au conformisme
Cette expérience de psychologie sociale illustre à merveille la notion « d’influence sociale ».
Elle désigne les processus par lesquels une personne (ou un groupe de personnes) amène une « cible d’influence » (c’est-à-dire une autre personne) à modifier ses modes de pensées et/ou ses actions.

Dans un chapitre de l’ouvrage Psychologie sociale : concepts et expériences, Stéphanie Baggio explique que l’influence sociale peut s’exprimer de plusieurs manières (de façon implicite ou explicite), provenir de sources différentes (nous pouvons être influencé•e par un individu, un groupe ou une minorité), et produire des effets différents.
Dans la vidéo en question, nous sommes témoins d’une forme d’influence sociale : le conformisme. En psychologie sociale, ce terme n’a rien de péjoratif (même si nous aimons penser que nous sommes peu influençables, de nombreuses expériences suggèrent plutôt le contraire) !
Le conformisme, en psychologie, c’est quoi ?
La psychologie sociale définit le « conformisme » comme la modification d’un comportement pour le conformer à celui d’un groupe majoritaire, sans qu’il n’y ait de pression explicite, ni de rapports hiérarchiques entre les membres du groupe et la cible d’influence.

En d’autres termes, lorsque nous nous retrouvons au milieu d’un groupe qui partage une norme, nous aurions tendance à nous y conformer fissa (en tout cas, en apparence) afin d’être accepté•e.
C’est exactement ce que l’on voit dans la vidéo : la jeune femme semble étonnée lorsque les personnes qui l’entourent se lèvent et s’assoient à chaque sonnerie, et pourtant, au bout trois sonneries seulement, elle adopte le même comportement – comme si ces trois sonneries avaient suffi à lui faire comprendre que le groupe obéissait à une norme, et qu’elle devait s’y conformer.

La vidéo rappelle une expérience similaire, menée en 1955 par l’un des darons du conformisme, Solomon Asch (nous en avions parlé dans mon tout premier papier pour madmoiZelle, celui sur la marinière, il y a environ dix milliards d’années).
Le chercheur demandait à 8 personnes, assises les unes à côté des autres, d’effectuer une tâche de perception visuelle (comparer la hauteur d’une ligne tracée sur un carton avec celle de trois autres lignes présentées sur un deuxième carton et déterminer celle dont la longueur était semblable à la première) et de donner leur avis à voix haute.
Parmi les 8 individus, 7 étaient « complices » du chercheur et donnaient une réponse fausse. L’idée de l’expérience étaient d’observer comment le 8ème sujet allait réagir en entendant toutes les personnes autour de lui donner une réponse erronée. BLAM : un individu sur trois émet une réponse conforme à celle du groupe, et 77% des sujets se rangent au moins une fois derrière l’avis de la majorité.
Pourquoi les sujets de Asch ont-ils abandonné leurs avis personnels ? Lors d’entretiens menés par le chercheur, les participant•es à l’expérience ont expliqué leurs réactionspar deux éléments :
La peur de la « désapprobation sociale » (que nous pourrions amicalement nommer « peur de passer pour un•e naze et d’être rejeté•e du groupe »). Nous sommes ici victimes de « l’influence normative » (nous suivons les autres parce que nous souhaitons nous conformer aux normes du groupe).
Le doute à propos de sa propre réponse (ou « et si les autres s’y connaissaient mieux
en longueurs de lignes ? »). Cette fois, nous sommes soumis•e à « l’influence informationnelle » (nous suivons les réponses des autres pour donner une réponse exacte).